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23/01/2008
Un Choc De La Musique et un Diapason d'Or pour le DVD Mademoiselle .

Article paru dans Le Monde De La Musique - février 2008

 

Qu'est ce que Dinu Lipatti, John Eliot Gardiner, Michel Legrand, Philip Glass, Daniel Barenboim, Elliott Carter, Ginette Neveu et Astor Piazolla ont en commun ? Ils ont tous été les élèves de Nadia Boulanger, bien sûr. Le monde musical tout entier (et en particulier l'Amérique s'est battu pour recevoir l'enseignement de cette pédagogue de génie qui avait été suppléante de Fauré à l'orgue de la Madeleine, avait remporté un second Grand Prix de Rome dans la catégorie composition mais avait décidé de ne plus composer à l'âge de vingt-quatre ans, lorsque sa soeur Lili, compositrice surdouée avait disparu prématurément et a fait, de 1921 à sa mort en 1979, du Conservatoire américain de Fontainebleau un centre musical à nul autre pareil.

En 1977, pour fêter ses quatre-vingt dix ans, le jeune Bruno Monsaingeon avait réalisé pour la Télévision française un film d'une heure vingt intitulé Mademoiselle, qui avait fait découvrir au grand public (à l'époque, les émissions culturelles n'étaient pas releguées au petit matin...) cette femme impressionnante., très droite malgré le poids des ans, visionnaires en dépit de la cécité qui lui était venue avec l'âge. Celle qui entend tout, comme l'appelait Stravinsky, se montre ferme (mais jamais dure) avec ses jeunes élèves parmis lesquels un petit prodige du piano Emile Naoumoff, et parle de la musique avec la simplicité de "ceux qui savent".

Aux questions de Monsaingeon, elle répond avec la même évidence. Elle évoque son père, compositeur plein de charme, sa soeur, à la mémoire de laquelle elle aura, au fond consacré sa vie tout entière et remet quelques pendules à l'heure, en expliquant par exemple, sans jamais céder à aucun passéisme, que les avant-gardes d'aujourd'hui sont les arrières-gardes de demain.

En contrepoint de ses propos, deux de ses anciens élèves, et pas des moindres, parlent de "leur" Nadia Boulanger : Igor Markevitch et Leonard Bernstein. le premier, que l'on connaît comme un immense chef mais dont on oublie qu'il fut aussi compositeur, fait revivre les années d'or où par la France passait tout ce qui comptait en musique. Le second, qui a réussi dans les deux domaines, se défend d'avoir fait partie de ce qu'il appelle "la Boulangerie" mais cerne dans un français impeccable et avec une extraordinaire acuité la personnalité éclatante et forcémment dévorante de Nadia Boulanger. Je suis votre degré de tension le plus élevé disait Mademoiselle à ses élèves. Ecoutez-le en vous-même Rien qu'à voir et revoir ce film exemplaire, on se sent l'âme un peu plus musicienne. C'est dire !

En bonus, Markevitch dirige en 1967 le philarmonique de l'ORTF dans une lumineuse Symphonie n°38 "Prague" de Mozart, où il prouve-comme il l'vait déja fait lorsqu'il était directeur musical des Concerts Lamoureux- qu'à chef bien né, tous les oerchestres donnent leur meilleur. On ne peut s'empêcher non plus de penser que la probité musicale qui rayonne dans sa direction doit bien quelque chose à mademoiselle Boulanger.

François Lafon

 

Le DVD a été récompensé par un Choc De La Musique

 

 

Article paru dans Diapason - février 2008

 

Pendant des décénnies, elle porta haut le flambeau de la musique, et pas seulement de la musique française. Pédagogue de renommée internationale, compositeur (mais brièvement, car elle avoue sans détour que se musique était "inutile"), Nadia Boulanger était une institution. Née en 1887, elle aquatre vingt dix ans lorsque Bruno Monsaingeon lui consacre ce film (elle s'éteindra deux ans plus tard). Chez elle, au milieu de ses souvenirs, ou entourées de ses élèves (parmi eux, le tout jeune et déja déluré Emile Naoumoff), elle ne se répend pas en vain commentaires; chaque phrase est à elle seule un enseignement, concernant, au-delà de la musique, la vie tout simplement. Qu'elle fasse chanter à son entourage une page de Schumann ou qu'elle affirme se sentir impuissante à définir le génie, on reste suspendu aux lèvres de la souveraine de la rue Ballu. Leonard Bernstein et Igor Markevitch lui rendent un hommage ému. Ce même Markevitch, en complèment de programme dirige avec classe la Prague de Mozart. Tout un monde lointain, et pourtant si proche.

Michel Parouty

 

Le DVD a été récompensé par un Diapason d'Or.

 

  Voir la fiche DVD de Mademoiselle

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