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05/12/2007
Le Festival de Verbier sur Internet : La Revue De Presse.

Article paru dans Le Figaro du 24 septembre 2007

 

LE FESTIVAL DE VERBIER DONNE L'EXEMPLE AVEC INTERNET

 

La vertigineuse chute du marché du disque contraint les professionnels à innover.

En diffusant cet été, 17 concerts en direct sur Internet, le Festival de Verbier a peut-être ouvert une ère nouvelle pour la musique classique. Depuis, nous avons été approchés spontanément par beaucoup de festivals. On discute également avec des directeurs d'orchestre et de salle de concert., raconte Hervé Boissière qui a produit et diffusé sur son site Medici les concerts de Verbier.

Avec la vertigineuse chute du marché du disque (-33% pour le classique en France au premier semestre 2007), tout le monde cherche de nouveaux débouchés, et internet que ce soit pour la diffusion de concerts en direct, le téléchargement d'oeuvres ou l'exploitation d'archives est au coeur des réfléxions. Le but à moyen terme est de pouvopir produire nos propres images pour pouvoir les exploiter sur Internet, dit Nathalie Sergent responsable des publications au Théâtre des Champs-Elysées. Elle, comme beaucoup d'autres, ont la certitude que l'avenir de la musique classique est sur Internet, même si aujourd'hui, la phase d'expérimentation

n'est pas encore terminée. Pionnière sans la diffusion de concerts sur Internet, Monique Deveaux, qui dirige aujourd'hui les concerts à l'auditorium du Louvre estime que si la technique n'est plus un obstacle, l'équilibre économique d'une exploitation sur Internet est encore à démontrer. Selon elle, un des autres atouts d'Internet, dont elle souhaite faire usage, est de pouvoir y développer une approche pédagogique de la musique. C'est un moyen de sensibiliser et d'éduquer les gens, estime-t-elle.

 

Article paru dans Le Temps (Genève) du 4 aout 2008

 

UN RECITAL SUIVI JUSQU'A CHICAGO

 

Responsable des nouveaux medias chez Medici Arts, Hervé Boissière a pris part à l'expérience de Verbier.

 

Le Temps : Quels enseignements tirez-vous du "laboratoire" qui a été lancé au Verbier Festival ?

Hervé Boissière : Je suis avant tout enthousiaste de la réponse du public. Je crois qu'au départ nous avons fait, à Medici Arts, une évaluation erronée de la maturité de l'internaute. Nous avons sous-estimé le volume de spectateurs qui auraient pu s'intéresser à cette opération. Côté technique, nous avons réussi à monter le projet en huit semaines seulement, et tout s'est passé sans anicroche.

 

L.T. : Comment réagissent aujourd'hui les artistes invités du festival face au succès que rencontre le projet ?

H.B. : Ils ont tous changé leur appréciation de l'événement. Au départ, nous avons rencontré passablement de résistances., nous avons dû faire face à leurs réflexes conservateurs qui tendaient à défendre leurs droits. Tout cela a changé aujourd'hui. Pour donner un exemple, j'ai rencontré le chanteur Thomas Quasthoff, qui venait de discuter par téléphone avec des amis établis à Chicago. Ils avaient pu suivre sur notre site son récital à Verbier. Cet écho, si éloigné de la Suisse, l'a remplie de joie.

 

L.T. : Est-ce que cette expérience sur Internet ouvre un nouveau chapitre pour la musique "live" ?

H.B : J'en suis persuadé. Nous aimerions poursuivre l'année prochaine à Verbier pour aller plus loin dans la qualité de l'offre. ce qui est acquis aujourd'hui c'est que le Net peut désormais contre-balancer la perte d'éfficacité d'autres moyens de diffusions que sont le CD, la radio ou la télévision. Dans une société de loisirs extrèmement éclatée, où on trouve de moins en moins de passionnés d'un seul champ culturel, où on zappe facilement d'un domaine à l'autre, l'offre par Internet est une solution idéale pour attirer le public et, surtout pour ne pas perdre le contact avec les plus jeunes qui sont de plus en plus à l'aise avec la dématérialisation de la musique.

 

L.T. : Quels pourraient être les moyens employés ?

H.B : La voix à suivre est celle du flu continu de sons et d'images. A terme, nous devons être capable de proposer une plate-forme regroupant plusieurs salles du monde. Leurs programmations seraient disponibles via la Toile. le mélomane qui se connecterait aurait alors le choix entre un achat à l'acte et l'acquisition d'un abonnement à la saison. Les possibilités seraient multiples.

 

L.T. : Le financement d'un projet de cette envergure pose néanmoins des problèmes.

H.B. : Oui. Aujourd'hui nous n'avons pas encore de modèles fiables. permettant de financer toutes la filière de la musique. Nous en sommes au stade des intuitions. Mais nous avons aussi des certitudes. Pour ce qui concerne le Festival de Verbier par exemple, il est clair que les sponsors ont tiré un énorme profit en termes de visibilité par rapport à l'investissement consenti. Les grandes marques l'ont compris et sont de plus en plus demandeuses de ce type d'opération. Cet engouement permet de financer en partie les coûts. mais l'autofinancement sans apports externes, reste pour l'instant un idéal.

 

Article paru dans Le Temps (Genève), du 20 juillet 2007

 

LE VERBIER FESTIVAL CHEZ SOI EN SON ET IMAGES

 

Pour la première fois, un festival met à disposition les deux tiers de ses concerts gratuitement et quotidiennement via internet

 

Vivre un concert chez soi. Etre assis confortablement dans son salon et voir les artistes en plein écran : c'est le pari un peu fou du Verbier Festival et de la plate-forme audiovisuelle Medici Arts. Dès ce soir, les internautes du monde entier pourront se brancher sur Internet pour suivre les concerts au jour le jour , les uns en direct, les autres en différé. Il suffira d'un clic sur son ordinateur et d'une bonne chaîne hi-fi permettant de diffuser le son dans les hauts-parleurs pour être aux premières loges du festival comme si vous y étiez. "C'est la première fois qu'un festival donne accès via Internet gratuitement quotidiennement à la quasi-totalité de ses concerts" explique Hervé Boissière responsable des nouveaux médias chez Medici Arts. Soit une trentaine de concerts diffusés en haute résolution sur le Web, dont la moitié en direct. Medici Arts a crée un site expressément pour le festival. mais la plate-forme audiovisuelle n'est pas seule dans le coup. Il a fallu la synérgie entre trois acteurs - le Verbier Festival, le diffuseur Medici Arts et la société de production française Idéale Audience chargée de capter les concerts et de réaliser des interviews et reportages sur place - pour que cette idée pionnière voie le jour. "Nous sommes très excités, dit Pierre-Martin Juban car aucune expérience à ce jour ne s'est produite à une pareille échelle, du moins certainement pas avec une double diffusion par Internet et par les antennes de télévision."

Ce producteur chez Idéale Audience - dont l'expérience est grande dans la musique classique- travaille depuis des mois pour accoucher d'un projet hors normes. "Notre logique est celle de l'archivage. Nous ne voulions pas seulement diffuser un concert unique, mais couvrir l'évènement au maximum pour le rendre accessible à une communauté virtuelle au-delà du public de Verbier. Nous en sommes aux premières contractions après une grossesse d'environ neuf mois". Ainsi, dans un premier temps, les concerts seront diffusés via Internet selon la technique du streaming (flux d'images et de sons). Le concert du jour sera également disponible chaque soir sur www.artetv. Puis, dans un second temps, ces concerts seront post-produits -montage plus minutieux- pour faire l'objet de programme télévisés, diffusés par la chaîne franco-allemande Arte et la télévision japonaise NHK. Le coût de l'opération, soutenue par ces deux canaux audiovisuels mais aussi par le Centre National de la Cinématographie (CNC), UBS et Valais Excellence s'élève à près de 1,6 million d'Euros.

Encore fallait-il s'assurer d'une qualité de son et d'images optimale. Le public de la musique classique est pointilleux."On ne s'inscrit absolument pas dans la logique YouTube : petit écran, qualité sonore modeste. C'est le cauchemar pour nous", dénonce Pierre-Martin Juban. Et de sortir les atouts d'un projet révolutionnaire. "Jusqu'à présent, il ya eu des tentatives avec des formats d'assez mauvaises résolutions. Ici, l'internaute a la possibilité de visionner les concerts en plein écran dans la plus haute norme de diffusion Internet, soit 1200 Mega-octets par seconde. Le son, à haute résolution assure une qualité proche du CD."

Encore fallait-il que les musiciens acceptent de jouer le jeu sans percevoir de droits. Les concerts ne seront accessibles sur le site que jusqu'au 31 aout. "Notre opération est limitée dans le temps sans possibilité d'enregistrement ce qui garantit la protection des artistes."Certaines artistes comme la violoniste Anne-Sophie Mutter, ont d'emblée mis leur veto. Anne-Sofie von Otter ou le baryton-basse Thomas Quasthoff, ont donné leur feu vert. Autre première à Verbier : afin de garantir un maximum de discrétion pour les musiciens et le public, un tournage semi-automatisé avec des caméras télécommandées a été mis en place à la Salle Médran et à l'Eglise de Verbier. "Nous travaillons avec des têtes de caméras que les cadreurs pilotent à distance. L'enregistreur est dissocié de la caméra."

Pour le Verbier Festival, cette opération tiens de l'aubaine. "C'est un produit à la hauteur des concerts que nous proposons" explique la directrice administrative Kim Gaynor. Le festival n'investit pas un sou dans le projet mais met à disposition son infrastructure , son équipe administrative et fait la promotion de l'outil sur son site web. Pour Idéale Audience; qui a produit nombres de documentaires musicaux de haut vol, l'un des points forts du Verbier Festival est d'associer des pointures internationales le temps d'un concerts, les fameuses "Rencontres inédites". Mais surtout, la logique d'archivage fait qu'à partir d'un patrimoine qui s'annonce d'ores et déja précieux, certains de ces concerts seront peut-être commercialisables un jour sur support DVD.

Julian Sykes

 

 

 

 

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