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Durée 75mn
Réalisateur(s) Alexandre Sokourov
Bonus Notes d'édition, biographie, filmographie.
Sous-titres Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol
Format DVD NTSC, Zone 0
Format original 4/3, NTSC
Son Dolby Digital 2.0
Éditeur(s) Idéale Audience International
Distributeur(s) Facets Multi-media Arcades
Code UPC (NTSC) 899132000145
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Interdit en U.R.S.S. jusqu'en 1986, Sonate Pour Alto documente la vie du compositeur russe Dmitri Chostakovitch (1906-1975). Dépassant le simple profil, le film témoigne de la joie de la création qui survit aux troubles sociaux, aux tempêtes historiques et à la fragilité de l'être humain. Il est illustré d'archives rares artistiquement choisies par Alexandre Sokourov. Idéale Audience International édite ce titre à l'occasion du centenaire de la naissance du compositeur, après restauration des éléments en Russie.
Frappé par la censure du pouvoir communiste jusqu’en 1986, miraculeusement préservé des mains du KGB qui le destinait à une destruction pure et simple, le film d’Alexandre Sokurov et Semion Aranovitch est pour la première fois disponible en DVD. Il reste à ce jour le plus bouleversant document jamais réalisé sur l’un des compositeurs majeurs du XXème siècle.
Lancé dans des conditions difficiles par la fameuse LSDF (Maison De Production Documentaire De Leningrad), à partir d’un scénario qualifié par Sokurov (alors âgé de 29 ans) de « faible et inadapté », « Sonate Pour Alto » aura connu une gestation rendue encore plus douloureuse par le climat politique de l’époque. Pourtant, le film présenté aujourd’hui sur cette édition DVD apparaît comme une oeuvre de très grande envergure qui ne se contente pas seulement de raconter la vie entière de Chostakovitch mais retrace également, à travers l’utilisation prodigieuse d’images d’archives, soixante-dix ans d’histoire de la Russie soviétique. Ainsi, c’est au travers de Sonate Pour Alto que l’on découvrira pour la première fois des documents totalements inédits tel ce discours prononcé par Chostakovitch lors d’un meeting antifasciste en 1944, des images de Moscou la même année ou encore les obsèques de la poétesse Anna Akhmatova, dont le tournage déclencha l’ire du KGB, qui alla jusqu’à en confisquer les bobines. Redevenu visible à partir de 1987, Sonate Pour Alto, retomba vite dans l’oubli suite à un désaccord entre Sokurov et Aranovitch, qui priva le film de toute visibilité.
C’est Irina Chostakovitch, la veuve du compositeur, qui suggéra que le film soit de nouveau montré pour le centenaire de la naissance de son mari. Sonate Pour Alto fut alors restauré à Bereg Productions par le monteur vidéo Serguei Ivanoff et le son remixé par Vladimir Persov, sous la supervision d’Alexandre Sokurov.
Sonate Pour Alto : la restauration
La restauration dont a bénéficié Sonate Pour Alto pour cette édition DVD n’est pas la première : en 1986, la LSDF ne disposait plus que d’un tirage positif avec le son optique, conservé chez lui par Alexander Sokourov. L’état de cette copie était satisfaisant car Sokurov connaissait parfaitement les règles de conservation de la pellicule et les appliquait scrupuleusement. Un miracle, quand on sait que c’est dans la chambre de l’appartement communautaire habité par Sokurov que se trouvait le film. La LDSF ne s’était alors contentée que d’un travail minimum, tirant un internégatif qui gardait les marques de collages présents sur le tirage positif (qui avait du être découpé en plusieurs morceaux pour échapper à la confiscation).
Lors de la restauration entreprise en 2005 à Moscou par Bereg Productions, un télécinéma de bonne qualité a d’abord été tiré à partir d’une copie positive. Le monteur Serguei Ivanoff a ensuite pu éliminer les traces de collages et procéder à un nouvel étalonnage du film en vidéo. Comme lors des restaurations de tous ses autres films, Alexander Sokurov a toujours bien differencié le travail sur l’image et celui sur la partie sonore. L’image est généralement l’objet d’une restauration technique (supprimer les défauts les plus visibles, étalonner le télécinéma) alors que le son est lui totalement retravaillé.
Dans tous les films restaurés d’Alexander Sokurov, le son fait l’objet d’un remixage stéréo avec une substitution des éléments d’origine, indisponibles en stéréo, par des éléments totalements neufs. Montrer le film au public contemporain avec un son moderne est un principe considéré comme nécéssaire par Sokurov, pour que celui-ci soit esthétiquement « pris au sérieux » par le spectateur. Le remixage de Sonate Pour Alto est en ce sens le plus osé. Il doit sans doute être considéré comme un véritable travail d’auteur de l’ingénieur du son Vladimir Persov, même si ce dernier n’a pas souhaité que son nom figure au générique (qui n’a d’ailleurs pas été modifié par respect envers les créateurs du film original).
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